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Droit à la mobilité : ‘l’accessibilité fait partie de la construction d’une nouvelle citoyenneté’

Les activités de la journée du 15 février 2016 au stand du CNDH au Salon du livre ont pris fin par un  grand débat sur la question de l’accessibilité universelle et du droit à la mobilité. Pour en parler, deux experts dans le domaine, Mme Islandia Conceiçao Costa architecte, urbaniste brésilienne, spécialiste en accessibilités et politique publique et M. Amal Benmansour professeurs en architecture, spécialiste en accessibilités pour les personnes à mobilité réduite.

Mme Costa a commencé par planter le décor. Selon l’OMS, entre 12 et 15% des personnes dans le monde sont en situation de handicap et 82% de cette population vit en dessous du seuil de pauvreté. La question qui se pose est quel est le degré d’intégration de ces personnes dans les villes ? Pour Mme Costa, les personnes en situation de handicap (PESH) affrontent des barrières environnementales (accessibilité, transport, communication, accès aux services). Car, comme elle l’a si bien souligné, l’accessibilité n’est pas uniquement la mise en place d’une rampe d’accès. Elle est en relation avec les autres droits (logement, transport, santé, éducation, emploi…).

L’article 9 de la convention relative aux droits des personnes handicapées stipule en effet qu’‘Afin de permettre aux personnes handicapées de vivre de façon indépendante et de participer pleinement à tous les aspects de la vie, les États Parties prennent des mesures appropriées pour leur assurer, sur la base de l’égalité avec les autres, l’accès à l’environnement physique, aux transports, à l’information et à la communication, y compris aux systèmes et technologies de l’information et de la communication, et aux autres équipements et services ouverts ou fournis au public, tant dans les zones urbaines que rurales (…)).

Un court documentaire sur la vie d’un jeune handicapé brésilien projeté lors de cette rencontre démontre le calvaire quotidien d’une grand-mère qui prend en charge son petit-fils et comment des gestes, combien normaux et simples pour une personne valide, comme prendre le bus, parler dans une cabine publique ou traverser la rue, deviennent une véritable épreuve quotidienne pour les PESH.

Pour Mme Costa, l’accessibilité fait partie de la construction d’une nouvelle citoyenneté d’où l’accès du droit à la ville. Aussi, le projet d’une maison ou d’une ville doit prendre en considération différentes dimensions : la durabilité, l’habitabilité, la justice sociale etc.

C’est un objectif dans lequel s’est inscrit la ville de Marrakech en lançant le projet relatif à l’amélioration de l’accessibilité physique pour personne à mobilité réduite, comme l’a souligné M. Amal Benmansour. L’objectif de ce projet financé par la Banque mondiale est de rendre les avenues les plus fréquentées accessibles aux PESH.