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SIEL 2016 : Débat sur le cadre juridique régissant le handicap au Maroc

 

Le traitement de la question du handicap ne peut prétendre être exhaustif sans un regard sur le cadre juridique régissant le handicap. C’est cette raison qui a incité la CRDH de Casablanca-Settat à aborder cette thématique dans le cadre de la rubrique ‘Une heure, une région’ au stand du CNDH au Salon international de l’édition et du livre (SIEL, 2016).

Ont pris part à cette rencontre organisée le samedi 20 février 2016, M. Rachid Sebbahi, président de la coordination marocaine des non-voyants et M. Nizar El Kacimi, président de la Fédération nationale des sourds du Maroc. Le ton a été d’emblée donné par M. Sebahi qui a mis en exergue les conditions ayant accompagné l’adoption par le parlement du Projet de loi-cadre n° 97-13 relatif à la protection et la promotion des droits des personnes en situation de handicap. Il a précisé dans ce cadre que le débat qui a été mené au parlement avec les différents groupes parlementaires a permis d’améliorer la mouture actuelle de ce projet de loi, en dépit des insuffisances et des lacunes qu’elle renferme et auxquels il faudrait pallier lors de l’élaboration des différents textes réglementaires de ce texte. ‘Ce projet de loi, avec ses avantages et ses inconvénients est un saut qualitatif en matière de législation sur le handicap’ a-t-il ajouté.

Il a de ce fait appelé  à ce que l’approche participative ayant prévalu à l’élaboration de cette loi soit préservée durant la suite de ce processus en vue de permettre aux associations actives en matière de défense des droits des personnes en situation de handicap d’exprimer leur avis et de faire valoir leurs propositions dans cette étape de mise en œuvre de cette loi. D’où l’intérêt, a-t-il dit, d’encourager la participation politique des personnes en situation de handicap (PESH) afin que cette catégorie soit partie prenante du processus législatif et d’accéder aux postes de décision.

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Pour sa part, M. Nizar El Kacimi considère que si la question du cadre juridique est importante, les perceptions et le regard que porte la société sur les personnes en situation de handicap le sont encore plus et c’est ce regard qui se reflète dans les législations nationales. C’est le cas du projet de loi-cadre 97-13 qui, de son avis, n’est pas conforme aux dispositions de la Convention relative aux droits des personnes handicapées.

Concernant la question des accessibilités, M. El Kacimi estime que le grand handicap dont souffre cette catégorie est l’accès à la communication. En l’absence de la langue des signes, ces personnes sont privées de tous les droits (santé, éducation, culture…). Il a de ce fait appelé à l’officialisation de de cette langue et à la formation de spécialistes afin que les personnes privées de l’ouïe puisse jouir de leur pleine citoyenneté.