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Société civile d’ici et d’ailleurs : expériences croisées dans la promotion des droits des personnes en situation de handicap

Le stand du Conseil national des droits de l’homme (CNDH) à la 22é édition du SIEL a accueilli, mardi 16 février 2016, dans le cadre de la rubrique « Engagements et pratiques » une rencontre intitulée « Société civile d’ici et d’ailleurs –Expériences croisées » qui a été marquée par la présence d’acteurs des droits humains venus du Brésil, du Bénin, du Niger et du Maroc.

Cette rencontre a été une occasion propice pour passer en revue l’expérience des pays invités dans le processus de combat législatif en matière des droits des personnes en situation d’handicap (PESH).

Pour ce qui est de l’expérience du Brésil, M. Damien Hazard, coordinateur de l’ONG Vida Brasil qui est une organisation luttant pour le droit des PESH à l’accessibilité, a mis l’accent sur l’évolution de la prise de conscience des droits des personnes handicapées dans son pays. Ces derniers ont pu s’organiser dans des associations dans les années 80 et se sont intégrées dans des fédérations nationales dans les années 90.

Cette union du tissu associatif a donné la vie au modèle d’’inclusion’’ qui revendiquait la nécessité de transformer la société. Cette dernière devint alors un récipient englobant toutes les catégories de la population, ce qui a permis aux PESH de retrouver leur propre voie, notamment, après la ratification de la Convention relative aux  droits des personnes handicapées par le Brésil en 2008.

Après cette date phare, le Brésil commence alors à connaître l’émergence de réseaux œuvrant dans les différentes régions du pays en entreprenant des actions sociales en faveur des personnes touchées par le handicap. Concrètement, ces réseaux s’engagent à donner des cours sur les droits et  mécanismes de participation politique des personnes en situation de handicap, à inviter les responsables politiques locaux à s’asseoir dans des chaises roulantes, une action symbolique dans le combat ininterrompu des personnes handicapées.

Aujourd’hui, le Brésil est l’un des rares pays où les universités donnent des cours en langue de signes, où les conférences sont animées par des personnes handicapées et où le taux d’achat d’une voiture est à ses niveaux les plus bas, et ce pour encourager la mobilité des personnes vivant avec un handicap.

Intervenant à cette table ronde, Mme Géronime Tokpo, présidente de la Fédération des personnes handicapées au Bénin a soulevé les défis qui entravent l’intégration des personnes handicapées, souvent sujet à des discriminations sociales.

Mme Tokpo a mis au clair l’historique de la lutte des PESH qui se sont organisées dans des associations à l’aube des années 70. Ces dernières se sont réunies, à leur tour, dans la Fédération des personnes handicapées créée en 1992.

Le Bénin connut alors l’effervescence d’associations luttant pour les droits des personnes handicapées. Il compte actuellement 212 organisations réparties dans 6 grands réseaux œuvrant dans l’ensemble du territoire bénin et sont arrivées à réaliser des acquis tels la ratification de la Convention relative aux droits des personnes handicapées.

Pour sa part, M. Siddo Nouhou Oumarou, Secrétaire général de la Fédération des personnes handicapées au Niger a souligné les avancées de son pays en matière de droits des personnes handicapées qui se réjouissent de l’institutionnalisation de la journée nationale des personnes handicapées et qui ont pu avoir accès à l’éducation et l’insertion professionnelle et ce, grâce au combat inlassable de la Fédération des personnes handicapées qui a déployé d’énormes efforts  pour les droits de cette catégorie de citoyens.

Pour M. Abdelmajid Makni, Président de la Commission régionale des droits de l’homme de Fès-Meknès, l’organisation des personnes en situation d’handicap dans des fédérations trouve encore du mal à se concrétiser au Maroc. Cela  est dû, selon M. Makni, au manque de confiance et aux problèmes d’organisation puisque la plus grande concentration des 1000 associations existant au Maroc se trouve entre Casablanca et Kénitra.

Le Président de la CRDH de Fès-Meknès a évoqué également une grande insuffisance de fonds pouvant aider les associations à promouvoir les droits des personnes handicapées. Mais il a toutefois insisté sur la Constitution de 2011 qui a donné un nouveau sang à ces associations pour s’inscrire dans les politiques publiques et la dynamique locale dans l’ère de la régionalisation avancée.